18/01/2026
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Le Luxembourg demeure l’un des hubs de fonds les plus sophistiqués d’Europe. Mais derrière cette sophistication, le secteur traverse une transformation profonde qui reconfigure le rôle des acteurs, redistribue la valeur opérationnelle et modifie les dynamiques du marché de l’emploi. L’évolution est désormais claire : l’administration de fonds s’industrialise, se standardise et glisse progressivement vers un modèle dominé par des fonctions d’exécution : un retour assumé vers un marché essentiellement back-office.
Une industrie qui se restructure : consolidation interne, montée des prestataires tiers
La consolidation des ManCos internes, combinée à la croissance continue des ManCos et AIFMs tiers, marque un tournant stratégique pour le Luxembourg. La réponse au dilemme historique « build vs buy » est désormais tranchée : les promoteurs optent massivement pour l’externalisation, attirés par la flexibilité, la réduction des coûts fixes et l’absorption d’exigences réglementaires toujours plus complexes.
Ces prestataires tiers deviennent les pivots opérationnels du marché, concentrant :
- la gouvernance réglementaire,
- la gestion des risques,
- le portfolio management délégué,
- l’oversight et le reporting,
- la conformité et les contrôles.
Le résultat : une industrialisation croissante de l’écosystème, où les services critiques deviennent standardisés et scalables.
Impact direct sur le marché du travail : un resserrement inédit
Surplus de profils seniors de gouvernance
La réduction du nombre de ManCos internes et le ralentissement des créations de postes entraînent un phénomène nouveau : un excès de professionnels expérimentés pour un nombre limité de mandats.
Les Conducting Officers, responsables risques, compliance officers seniors et dirigeants effectifs font face à :
- une concurrence accrue,
- des processus de recrutement plus longs,
- une forte sélectivité,
- une baisse nette de la mobilité spontanée qui caractérisait historiquement le marché.
Fonctions opérationnelles : stagnation et prudence
Dans les métiers du risk, de la compliance, du fund accounting et des opérations, le marché se fige :
- très peu de remplacements,
- quasi-absence de recrutement supplémentaire,
- budgets stabilisés ou gelés,
- équipes maintenues mais non renforcées malgré l’augmentation des flux.
Le marché privilégie la retenue, et ce à tous les niveaux.
Le Luxembourg redevient un centre d’exécution : un repositionnement assumé vers le back-office
Le changement le plus marquant est la transformation du positionnement même de l’industrie :
- les décisions d’investissement et les stratégies restent ailleurs ;
- la gouvernance stratégique est centralisée au niveau des asset managers internationaux ;
- le Luxembourg concentre l’essentiel de la chaîne d’exécution, désormais industrialisée et hautement régulée.
Le marché local des fonds se recentre sur des activités de production, d’oversight, de reporting et de gestion administrative. Ce repositionnement structurel influence mécaniquement la nature des compétences recherchées et les niveaux de rémunération associés.
Une évolution salariale contenue, insuffisante pour compenser la contraction du marché
Malgré l’introduction progressive d’incitations long terme, leur effet reste limité :
- les rémunérations se stabilisent,
- mais l’offre de postes se réduit,
- et la concurrence augmente, surtout pour les profils seniors.
Le marché des fonds luxembourgeois en 2026 reste solide, mais moins généreux et plus sélectif qu'au cours des cycles précédents.
Vers notre étude salariale 2026
Cette transformation structurelle : consolidation des ManCos internes, montée en puissance des prestataires tiers, ralentissement du recrutement, retour vers un modèle essentiellement back-office, a un impact direct et mesurable sur les niveaux de rémunération.
C’est dans ce contexte que notre étude salariale des fonds d’investissement 2026 propose une analyse détaillée des rémunérations au sein :
- des management companies,
- des AIFMs,
- des investment firms,
- et des fonds alternatifs régulés et non régulés.
Elle met en lumière :
- les nouvelles fourchettes de salaires,
- les écarts entre structures internes et providers tiers,
- les tendances bonus,
- et les compétences les plus valorisées dans un marché désormais plus sélectif.
Cette étude constitue le bilan salarial d’une année charnière, où la transformation du modèle opérationnel du Luxembourg se reflète pleinement dans l’évolution des carrières et des packages de rémunération.
Depuis plus de 10 ans, Morgan Philips accompagne les acteurs des fonds d’investissement au Luxembourg, en leur apportant des solutions de recrutement sur-mesure au Luxembourg, de la sélection d’experts réglementaires à la recherche de dirigeants CSSF approved.