11/09/2026
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Depuis quelques mois, le discours entourant l’immigration au Canada a clairement changé. Après plusieurs années d’ouverture importante, le gouvernement cherche maintenant à mieux contrôler les volumes, à resserrer certaines voies d’accès et à mieux arrimer l’immigration aux besoins réels du pays.
À première vue, on pourrait donc croire que le Canada ferme progressivement la porte aux travailleurs étrangers. La réalité est beaucoup plus nuancée. En parallèle de ce resserrement, le gouvernement canadien continue de mettre en place des initiatives intéressantes et surtout beaucoup plus ciblées pour attirer les compétences dont notre économie a réellement besoin. Et pour les employeurs, c’est probablement là que se trouve la véritable nouvelle.
Entrée express : le Canada cible davantage les travailleurs qualifiés en 2026
Entrée express, lancé par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada n’est évidemment pas nouveau. Le système permet depuis plusieurs années au gouvernement fédéral de gérer différentes demandes d’immigration économique et de sélectionner des travailleurs qualifiés en fonction notamment de leur expérience professionnelle, de leur formation et de leurs compétences linguistiques. Ce qui change, c’est la façon dont le Canada utilise maintenant cet outil.
En 2026, les priorités sont beaucoup plus précises. Face aux pénuries de mains d’œuvre au Québec et au Canada, le gouvernement cible notamment certaines professions de la santé et des services sociaux, les métiers spécialisés, l’éducation, les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM), les transports ainsi que les personnes possédant de solides compétences en français.
Certaines nouvelles catégories concernent également des médecins, des chercheurs et des cadres supérieurs possédant une expérience professionnelle canadienne. Le message me semble assez clair : le Canada ne veut plus simplement attirer davantage de personnes. Il veut attirer les bonnes compétences, dans les bons secteurs et au bon moment.
Immigration au Canada : un resserrement qui ne signifie pas la fin du recrutement international
C’est probablement l’élément que je trouve le plus intéressant dans l’évolution actuelle. D’un côté, le Canada resserre certaines règles d’immigration et souhaite mieux contrôler le nombre de nouveaux arrivants. De l’autre, il continue de créer des initiatives ciblées pour faciliter l’arrivée ou la sélection de professionnels dont les compétences correspondent directement aux besoins de notre économie. Ce n’est pas contradictoire. C’est plutôt un changement de stratégie. On passe progressivement d’une logique de volume à une logique beaucoup plus sélective de compétences. Pour les entreprises canadiennes qui éprouvent depuis plusieurs années de véritables difficultés à recruter certains profils spécialisés, cette distinction est importante. La porte n’est pas nécessairement fermée. Elle devient simplement plus ciblée.
Pénurie de main-d’œuvre au Canada : plus de 500 000 postes encore vacants
Cette nouvelle approche arrive dans un contexte particulier. Le marché de l’emploi s’est certainement détendu depuis les sommets observés après la pandémie. Pourtant, au premier trimestre de 2026, Statistique Canada recensait encore 506 700 postes vacants au pays. Et le véritable enjeu n’est pas seulement le nombre de postes disponibles. L’évolution du recrutement au Canada fait que dans plusieurs secteurs, les employeurs cherchent des expertises très précises qui demeurent difficiles à trouver localement : ingénierie, construction, santé, technologies, cybersécurité, transport, métiers spécialisés ou encore certaines fonctions de gestion.
C’est une réalité que nous constatons régulièrement en recrutement.
On peut avoir beaucoup de candidats disponibles sur le marché et malgré tout avoir énormément de difficulté à trouver la compétence précise dont une organisation a besoin.
Recrutement international : pourquoi les employeurs canadiens doivent élargir leur bassin de talents
C’est là que le changement devient intéressant pour les employeurs. Pendant longtemps, la première question en recrutement était assez simple : « Où pouvons-nous trouver cette personne au Québec ou au Canada? » Pour certains postes, il faudra probablement commencer à poser la question autrement : « Où se trouvent les meilleures compétences pour répondre à notre besoin? » La réponse pourrait être au Québec. Elle pourrait être ailleurs au Canada. Mais elle pourrait également être en France, en Belgique, au Royaume-Uni, aux États-Unis ou sur un autre marché où cette expertise est davantage disponible. Lorsqu’un poste demeure vacant pendant six mois ou lorsqu’une organisation sollicite constamment les mêmes bassins de candidats, continuer à chercher exactement au même endroit finit rarement par produire un résultat différent. La recherche internationale peut alors devenir une véritable composante d’une stratégie de recrutement.
Pourquoi l’immigration ne suffira pas à résoudre les difficultés de recrutement au Canada
Il faut toutefois être prudent. L’existence d’un programme d’immigration ne transforme pas automatiquement un professionnel étranger en bon candidat pour une organisation canadienne. Un CV peut être excellent sur papier sans nécessairement correspondre à notre environnement de travail, à notre culture de gestion ou aux exigences particulières du poste. Il faut comprendre les parcours internationaux, les équivalences, les compétences transférables et, dans certains secteurs, les enjeux liés aux ordres professionnels et à la reconnaissance des diplômes. Il faut également évaluer quelque chose de beaucoup plus humain : la capacité de la personne à comprendre notre environnement, à s’y intégrer et à construire un véritable projet professionnel au Canada. C’est là que le recrutement international devient beaucoup plus qu’une simple recherche de CV à l’étranger.
Quel rôle pour les cabinets de recrutement face à l'internationalisation des talents ?
Pour une firme de recrutement canadienne disposant d’un réseau international, l’objectif n’est évidemment pas de remplacer les professionnels de l’immigration.
Notre métier demeure le recrutement. Notre rôle consiste plutôt à être capables de regarder le marché beaucoup plus largement : cartographier les talents, comparer les bassins disponibles au Canada et à l’étranger, identifier les bons professionnels et surtout déterminer si une recherche internationale représente réellement une solution pertinente pour le client. Parce que l’international ne devrait jamais être une finalité en soi.
Si le meilleur candidat se trouve à Montréal, tant mieux. S’il se trouve à Toronto, allons le chercher à Toronto. Mais si une expertise extrêmement difficile à trouver ici est beaucoup plus accessible sur un marché comme la France, pourquoi limiter artificiellement la recherche? Pour un groupe comme Morgan Philips, présent au Canada mais également dans plusieurs marchés internationaux, cette capacité de relier les bassins de talents devient particulièrement intéressante.
Recrutement au Canada : penser compétences avant de penser frontières
Je crois que c’est finalement ce qu’il faut retenir de l’évolution actuelle. Oui, le Canada resserre sa politique d’immigration. Mais en même temps, il devient beaucoup plus précis sur les talents qu’il souhaite attirer. Pour les employeurs, cela crée une occasion de revoir certaines habitudes de recrutement.
Nous continuerons évidemment à rechercher et à développer les talents présents au Canada. Mais pour les postes spécialisés, pénuriques ou stratégiques, la question ne devrait peut-être plus être uniquement : « Qui est disponible près de chez nous? » Elle devrait être : « Où se trouve la compétence dont nous avons réellement besoin? » Et ensuite, déterminer si nous sommes capables d’aller la chercher. C’est probablement là que le recrutement international prend aujourd’hui tout son sens.
Vos questions fréquentes
Qu’est-ce que le système Entrée express au Canada ?
Entrée express est le système utilisé par le gouvernement canadien pour gérer les demandes de résidence permanente de certains travailleurs qualifiés. Il permet notamment de sélectionner des candidats selon leur expérience professionnelle, leur formation, leurs compétences linguistiques et les besoins du marché du travail canadien.
2. Quels métiers et secteurs sont prioritaires dans Entrée express en 2026 ?
En 2026, le Canada cible notamment des compétences dans la santé et les services sociaux, les métiers spécialisés, l’éducation, les STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) et les transports. Les candidats disposant de solides compétences en français font également partie des priorités de sélection.
3. Entrée express peut-il aider les entreprises canadiennes confrontées aux pénuries de main-d’œuvre ?
Oui, indirectement. En facilitant l’arrivée de travailleurs qualifiés dans des domaines prioritaires, Entrée express contribue à élargir le bassin de talents accessible aux employeurs. Les entreprises doivent toutefois disposer d’une stratégie adaptée pour identifier, attirer et évaluer ces professionnels internationaux.
4. Quel est le rôle d’un cabinet de recrutement dans le recrutement de talents internationaux au Canada ?
Un cabinet de recrutement peut accompagner les employeurs dans l’identification et l’évaluation de talents au Canada comme à l’international. Grâce à sa connaissance des marchés et à son réseau, il peut notamment réaliser des recherches ciblées, évaluer les compétences et l’expérience des candidats et déterminer leur adéquation avec le poste et l’organisation.
5. Pourquoi les entreprises canadiennes devraient-elles élargir leur stratégie de recrutement à l’international ?
Pour certains postes spécialisés ou pénuriques, le bassin de candidats local peut être insuffisant. Une stratégie de recrutement international permet d’accéder à de nouvelles compétences et de diversifier les sources de talents. L’évolution d’Entrée express montre également que le Canada cherche à mieux aligner l’immigration économique avec les besoins réels de son marché du travail.